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Vu de ma fenêtre : Si ma femme était alcoolique...

J'apprends que sort cette semaine un livre consacré à Valérie Trierweiler. Encore.

J'en ai assez.

J'en ai marre que l'actualité soit faite de non événements et que l'on ne puisse se mettre sous ses lunettes de presbytes, en guise de lectures, que des commentaires sur des faits sans aucun intérêt.

Car qui est cette femme, en définitive ? Une journaliste honorable pour Paris Match et Direct 8. Moi je ne lis pas Paris Match et ne regarde pas Direct 8 mais les personnes que je fréquente exercent plutôt bien leur métier, alors pourquoi pas elle ?

Et à part ça ? A part ça ce fut la compagne d'un candidat à la magistrature suprême en France et c'est maintenant la compagne du président de la république.

Et donc, pour cette simple raison, ses faits et gestes deviennent intéressants aux yeux des médias. On se croirait dans une émission de télé-réalité : Elle n'était pas grand chose, pas une journaliste très en vue en tout cas, et la voilà star en un clin d’œil, ses confrères "pas grand chose" en profitant pour vendre du papier sur son nom.

Imposture

Quelle misère.

On nous parle de posture, du statut de la première dame qui exclurait qu'elle continue son métier de journaliste plus ou moins politique.

Mais on s'en fout. On s'en fout qu'elle fasse ou pas son job de critique des faits politiques. Les autres journalistes politiques, plus ou moins starisés, ils n'ont pas d'opinions, eux ? Les politiques qu'ils passent sur le grill ne les connaissent pas parfaitement, ces fameuses positions ?

C'est une vaste imposture que de nous faire croire qu'être la compagne, ou le compagnon, d'un homme ou d'une femme politique pourrait changer la façon de travailler d'une ou d'un journaliste.

Mais tous les journalistes dignes de ce nom travaillent déjà comme cela ! Leurs opinions, même s'ils s'en défendent, influent sur leur façon d'exercer leur métier...et c'est très bien comme ça.

Quand, dans les années 80, j'ai découvert le journalisme politique, les faits et gestes du gouvernement et de l'opposition étaient couverts à peu près comme encore aujourd'hui le tour de France. Vous savez ? Ce grand événement sportif régi par la loi du silence.

Aujourd'hui on cause. Je n'irai pas jusqu'à dire que le débat est passionnant, mais au moins il existe.

Le problème, c'est la coupable confusion entre probité et opinions. Je ne connais pas les opinions de David Pujadas, cela me semble beaucoup plus grave pour le débat public que de savoir s'il roule pour tel ou tel camp. Il roule forcément pour un camp, mais que les questions qu'il pose aux politiques soient suffisamment banales pour que le grand public ne puisse pas distinguer lequel me laisse pantois. Est-il plus probe qu'Audrey Pulvar, compagne au franc parler d'un brillant membre de l'opposition ? Ou que Pulvar Audrey, compagne muselée d'un ministre de la république ?

Non. Qu'on laisse cette femme, ces femmes, faire leur métier. Elles ne le feront ni mieux ni plus mal qu'avant.

Conneries

Ce qui m'inquiète plus, dans le cas de Mme Trierweiler, c'est qu'on ne sait pas bien si elle disait déjà beaucoup de conneries avant d'être la compagne d'un homme politique en vue.

Comprenez-moi bien : Ce n'est pas du tout sa liberté d'acte et de parole qui pose problème, mais ce qu'elle en fait.

Le tweet de la Rochelle a ceci de sidérant : Soit François était au courant, et c'est grave, soit il n'était pas au courant...et c'est grave.

J'ai un fils au collège et ce qu'il me rapporte des petites manigances quotidiennes entre filles et garçons est à peu près du même niveau.

Voyez que nous sommes très loin d'avoir à se demander si Mme Trierweiler fera son travail de journaliste avec probité si on lui en accorde la possibilité.

Elle a mis trois mois à s'excuser d'avoir tiré les couettes de l'ancienne amoureuse de son chéri ! Non mais vous vous rendez-compte d'où on en est ?

La puérilité au sommet de l'état ! Remarquez, depuis 2007, on était déjà servi.

Ce qui attend François Hollande, et je crois qu'il le sait, c'est de s'assurer qu'il ne mettra pas, qu'il ne mettra plus, sa compagne en situation de dire des conneries. Ça ne va pas être facile.

Si ma femme était alcoolique, vous croyez que je l’emmènerais partout, tout le temps ? Non, je prendrais des dispositions pour qu'elle ne vienne pas dire des conneries au mauvais moment aux mauvaises personnes (en écrivant ces lignes, il me vient subitement une question : pourquoi diable ma femme ne m’emmène pas partout et tout le temps?).

Je pense que c'est encore dans la sphère publique qu'elle en dira le moins, des conneries (Valérie, pas ma femme qui, par ailleurs, en dit très peu). Dans l'exercice de son métier au sujet duquel, encore une fois, je n'ai pas de raison de penser qu'elle l'exerce mal.

Parce que pour ce qui est de la sphère privée, je crois que c'est mort. Quand on est pas sorti de la cour d'école à 47 ans, je doute qu'on en sorte un jour.

Et, pitié, ne venez pas me taxer de misogynie dans cette affaire. Si j'avais un exemple masculin a me mettre sous le clavier, j'aurais la même attitude.

Mais je n'en ai pas.

Ah si !

Vous savez la chanteuse italienne ? Carlita Bruni.

Eh bien depuis que son mari ne dit plus de conneries, au moins dans la télé, il paraît que sa carrière repart...

Comme quoi Il ne faut jamais baisser les bras.

M'enfin moi je vous dis tout ça, c'est vu de ma fenêtre...

@timoleonpremier